L'atelier porte le nom des Ben Hamouda, mais il a été fondé par deux hommes. Au début des années 1980, Ayachi Kharoubi s'associe à Mahmoud Ben Hamouda : ensemble, ils montent l'atelier, l'outillent, le font connaître — et le hissent au rang qui est encore le sien.
Pendant de longues années, il en est l'un des piliers. Les premières machines, les premiers grands chantiers, les foires, les équipes qu'on forme : tout cela s'est fait à quatre mains. Ceux qui ont connu les débuts le savent — quand on parlait de l'atelier, on parlait d'eux deux.
Son exigence dépasse ensuite les murs de l'atelier : il est nommé expert judiciaire auprès des tribunaux. Quand la justice a besoin d'un regard de métier, ce sont les avocats et les juges qui le sollicitent. Cette confiance-là ne s'accorde pas : elle se mérite, dossier après dossier, par une réputation de rigueur et de droiture.
Aujourd'hui, la boucle est bouclée : c'est lui qui dirige l'atelier. La maison qu'il a contribué à bâtir est entre les mains de celui qui en connaît chaque machine et chaque histoire — et chaque meuble qui en sort continue de répondre aux exigences que les deux fondateurs avaient posées ensemble.
Cet atelier, je l'ai vu naître. Je sais ce qu'on lui doit.
Avec Mahmoud Ben Hamouda, il fonde l'atelier et le fait démarrer. Les murs, les machines, les premiers clients : tout est à construire, et ils construisent tout.
Pendant de longues années, il tient l'atelier avec son associé — la production, les chantiers, les hommes. La réputation de la maison se bâtit sur ce travail-là.
Son savoir-faire est reconnu au-delà du métier : il devient expert judiciaire auprès des tribunaux, sollicité par les avocats et les juges quand un litige exige un œil qui ne se trompe pas.
Il revient là où tout a commencé — cette fois pour diriger. L'atelier est mené par un homme qui l'a vu naître, et qui sait exactement ce qu'il doit rester.
Leur collaboration ne s'est pas jouée dans les grands moments : elle s'est jouée dans les gestes de chaque journée. Pendant que l'un recevait le client, l'autre tenait l'atelier ; quand une date était annoncée, ils étaient deux à la faire tenir ; quand une grosse commande se présentait, ils la regardaient ensemble avant de dire oui. Mahmoud Ben Hamouda et Ayachi Kharoubi ont travaillé ainsi, côte à côte, pendant des années.
Ils ne voyaient pas toujours les choses de la même façon, et c'est ce qui rendait leurs décisions solides. Elles se prenaient à deux — souvent debout entre deux machines, parfois en discutant ferme, jamais l'un contre l'autre. Chacun savait où l'autre comptait sur lui, et aucun des deux n'a eu à se demander si l'atelier tournait bien quand il n'était pas là.
C'est cette collaboration qui a permis le reste : les commandes qui grossissent, les foires où il fallait monter un stand entier, les chantiers pour les entreprises du bâtiment, les jeunes qu'on forme et qui restent. Chaque étape a été décidée ensemble, portée ensemble et tenue ensemble — c'est ainsi que la maison a grandi.
La photo ci-dessous n'a pas été prise pour un site internet. Elle a été prise sur un stand, un jour de foire, parce que deux associés étaient contents de ce qu'ils avaient monté. C'est le meilleur résumé de cette page.
Trois choses que quarante ans de métier et d'expertise ont forgées.
L'habitude de l'expertise : rien ne s'affirme sans preuve, rien ne se livre sans vérification. Un chiffre est juste ou il n'est pas.
On ne devient pas l'homme que la justice consulte sans une réputation sans tache. Sa parole engage — et elle suffit.
Il aurait pu finir sa carrière ailleurs. Il a choisi de revenir tenir la maison qu'il a fondée — par loyauté envers son associé, et envers ce qu'ils ont bâti.
L'atelier porte notre nom de famille, mais il n'est pas né d'une seule main. Ayachi Kharoubi était là au premier jour, aux côtés de notre père. Les murs, les premières machines, les premiers clients, la réputation qui met des années à se construire : ils l'ont fait ensemble.
Notre père avait choisi son associé, et cet associé lui est resté fidèle jusqu'au bout. Ce qu'ils ont bâti, ils l'ont bâti ensemble : notre père parlait de cette association avec fierté, et nous n'avons aucune raison d'en parler autrement aujourd'hui.
Le voir à la tête de l'atelier n'est ni un hasard ni une faveur : c'est la suite logique de cette histoire. Personne ne connaît cette maison comme lui, personne ne sait mieux ce qu'elle exige, et personne n'a plus de titres à la conduire. Nous lui avons confié la direction en confiance, et nous n'avons jamais eu à y revenir.
Notre père a laissé son nom sur l'enseigne. Son associé, lui, a laissé sa main dans presque tout ce qui en est sorti depuis les débuts. C'est aussi pour cela que l'atelier tient encore debout : il a été bâti par deux hommes, et l'un d'eux veille toujours dessus.
Cette page n'est pas une politesse. C'est l'histoire dite comme elle s'est passée — et une reconnaissance que nous lui devions depuis longtemps.